Qu’ont
bien pu imaginer ceux et celles qui sont venus curieux à
notre invitation du 28
avril au Musée Dauphinois ? Les ors de la chapelle
baroque, la salle
capitulaire servant de salle des chœurs et de cocktail, des
chaises en angle,
des musiciens aux airs de troubadours, des comédiens
stricts, lecteurs
respectueux d’un texte du XV ème siècle.
Qu’est-ce
que cette Célestine dont le qualificatif de putain
est employé dans toutes
les phrases, une affiche dont l’esthétisme
érotique reste un mystère à peine
entrouvert sur un regard voyeur ? Un spectacle
classique ? Un
spectacle pour tous ? Un mélange des
genres ? Une réalité
hybride ? Les présentations
l’envisagent ! …
On
peut encore penser : vous allez voir … et recevoir
la révélation comme un
choc ! Mais chacun espère : j’ai
peut être de quoi répondre, j’ai une
petite idée maintenant !
Mais
comment décrire, expliquer ?
Nous
étions bien là, dans ce décor,
sécurisés, soutenus, entourés de
connaissances,
d’amis, de bienveillance, et Yves avait heureusement
réussi à se joindre à
nous.
Et
surtout merci au quatuor Catalonia dont la virtuosité nous a
auréolés et à
Montse, dont la brillante présentation a permis
d’éclairer l’œuvre…
Zut !
J’allais encore oublier, et MERCI AU MUSEE DAUPHINOIS.
Ah ! Ce
premier filage ! Nous
l’avons
bissé ! Le deuxième de 2h30 !
L’ambiance
de
nuit y était, la concentration aussi, chacun retenait son
souffle ! Il
commençait à se passer quelque chose, le jeu
s’engageait… quelques traces de costumes,
des débuts
de masques…
Après
cinq
jours intensifs de travail, il est sûr que l’on
espère un résultat.
Il parait
qu’il va y avoir un trombinoscope, Céline a donc
pris des photos, genre photos
d’identité qui n’en sont pas.
Et
maintenant ? Le
texte, le texte… Et
si on relisait La Célestine d’Aline Shulman, bon
conseil d’Emilie… surtout pour
ceux qui ne l’auraient jamais lu !
Non
pas possible ?
Ah ! La
note d’intention d’Emilie pour nous motiver,
c’est la première fois qu’on
l’entendait, peut-être qu’on
l’entend mieux aujourd’hui ! Voir sur le
site...
Maintenant
nous pensons au 28 avril, c’est demain !
c’est quoi au juste ? Mais
enfin, c’est la présentation du Fil de la
Célestine, avec les lectures de
textes, les chants et les discours officiels et les remerciements, et
tout.
Il
faut tout vous répéter…
Comment
dit-on : un prélude, un lever de rideau, un coup de
pub… comme vous
voulez, mais venez-y tous !
week-end
partagé entre
l’espace 600 « merci
Emilie ! »
et La Bifurk, « merci le
skate de
nous laisser un peu l’espace ! »
Un air de
printemps !
Travail
sur « après
l’entracte » : La
mort de la Célestine, ah ! Cette
séquence
là, elle ne bouge plus ! Faire dire le texte par
des comédiens et faire
jouer les autres en cinéma muet, il faut le faire, on la
trouvée, on ne la
lâche plus !
Mais tout ne
fait que commencer ! puisque Sempronio et Parmeno sont
décapités « A
quand les têtes sanguinolentes au
bout des piques ?! » Ensuite au
tour de Calixte, zut, il rate le
barreau de l’échelle « mais
qu’est-ce qu’ils font avec leurs
échelles les pieds
nickelés ! »
Il tombe et se tue. Pauvre Mélibée
c’est à elle d’en finir, mais
chut… mystère... Comment se jettera-t-elle du
haut de la tour sous les yeux de son père,
effaré ?
Chœur chanté, funeste et dramatique !
Mais il doit
se passer tant de choses à Voiron ! Oui, au CREPS,
pendant qu’il est
encore ouvert…
Petite
découverte des équipements sociaux de
Grenoble : rendez vous au centre
social Chorier-Bérriat, mais où
c’est ? On nous indique une grille rouge,
elle est bleue, ou l’inverse, on ne nous donne pas le
numéro, il pleut, il fait
froid, il y a du vent… Brrr. Finalement à la
Villeneuve, c’était mieux.
Un groupe
part à la salle des Tickets « mais
c’est quoi cette salle !? »
un autre à l’ADAEP, on le met à la
cave, il fait froid, ça grogne de partout.
Mychèle fait la guide.
L’après
midi,
Christophe se débat avec un groupe à peu
près au complet qui a bien du mal à se
retrouver dans l’espace… On s’y perd
comme dans le texte, « voyons
les spectateurs sont où ? »
Le lendemain
heureusement on essaie de remettre un peu tout ça en place
à la Bifurk,
beaucoup de bonne volonté de tout le monde.
Mais
l’évaluation n’est pas terrible,
ça grogne toujours, c’est le tunnel,
finalement, conclusion, ces réunions, ça ne sert
à rien… La participation… des
participants, c’est barbant !
Et pendant
tout ce temps, se met en place la distribution, avec des variantes
multiples,
un texte qui commence à devenir définitif, mais
qui peut encore changer…
Premier
week-end de l’année 2009
Le fil de La
Célestine commence à se
dérouler…
Ce fil de la
plaquette,
Ce fil du
tableau du fil qui va prendre au piège
Mélibée,
Ce fil de la
toile de Célestine.
Il fait bien
encore quelques nœuds, il lui arrive même de ce
casser !
Bon, mais du
tableau 1 au tableau 9, ça commence à
tenir ! (il y en a 32 !)
Tous les
hommes en femmes et toutes les femmes en hommes, tenue uni sexe !
Tiens, tiens,
c’était déjà simple, mais
ça devient limpide !
Ayez un peu
des idées bon sang !
« Et si on le jouait en habit de l’époque !!!... »
Du 25 au 31 octobre - le stage de réalisation a eu lieu !
Le stage de
réalisation (moitié)
d’octobre : une étape
décisive !
Et tous
étaient encore là sur le plateau de
Prémol le 31, rejoint
par quelques autres !
Ca fait du
monde une trentaine de personnes !
"Chapeau !"
c’est Yves qui l’a dit !
Et nous, bien
contents du travail intensif, de notre créativité
collective, de l’ambiance…
Avec l’envie
d’encore plus de burlesque et de tragique, de comique et de poétique, de
plus de Célestine quoi !
Quelle chance
que tout ce temps immergé dans le
théâtre à la Maison Familiale de Vif, avec comme seul refrain
obsédant: « La Célestine,
par ci, La Célestine, par
là ! »
Beaucoup
reste à faire, mais à partir de maintenant,
c’est plus clair, nous avons
collectivement une petite idée de ce qu’elle sera,
cette Célestine.
C’est plus
facile aujourd’hui de dire : venez nous rejoindre.
Prochain
rendez vous les 29 et 30 novembre à la Bifurk.
Entre les deux stages de réalisation, quelques soirées ont été consacrées à un stage de fabrication de masque... tout un apprentissage, et une découverte: les masques sont réalisés pour chaque spectcle et s'appuient sur la prise d'empreinte du visage des comédiens!

Lundi 15 septembre – lendemain du stage des 13 et 14 septembre à La Bifurk.
Les Célestines, six ou sept différentes,
au turbin
pendant quarante huit heures, à elles et aux autres, la
besogne,
ça profite !
Les femmes jouent parfois des hommes, et les hommes (on les compte sur
les doigts d’une main) se transforment en femmes. On se bat,
on
s’insulte ,on se tue, on fait l’amour…
entre
personnages, masqués ou pas, ou par bouteilles
interposées…
On vous parlera de tout ça de vive voix au Forum du
théâtre d’amateurs le samedi 27
septembre
après midi au Théâtre
Prémol.
Bertrand.
Lettre n° 1
Trente Célestiniens
regroupés en quatre compagnies, viennent
de présenter les
premiers rushs de
Quelques photos en témoignent, un film nous l’a
mis en
boîte. Nous verrons ce qu’il en restera au montage
en Mai 2009.
Cinq jours de travail intensif, de 9 heures à 21 heures,
cinq
jours d’engagement complet, pari gagné !
Evaluation : épuisement,
mais enthousiasme !
Merci à l’équipe artistique des risques
qu’elle prend avec
nous, merci au collectif de
Ce n’est qu’un début !
Bertrand.
Interview de Bertrand Petit, président de Théâtr'Ensemble : Une direction artistique pour conduire le projet Célestine : pourquoi ?
Théâtr’Ensemble a souhaité constituer une équipe artistique pour réaliser avec des amateurs le projet de La Célestine. Pourquoi ce choix, qui complique encore un projet déjà ambitieux ?
Oui, c’est vrai ! D’habitude, on
choisit un chef de
projet, qui constitue son équipe et qui se donne les moyens
de
le mettre en œuvre.
Le pari que nous avons fait est différent parce que les
objectifs sont différents : la finalité
de notre
projet n’est pas en soi de monter une super production. La
démarche de formation et de création collective
qui la
sous tend est aussi importante : c’est la ligne que
s’est fixée le comité de pilotage
composé
d’amateurs essentiellement.
Donner la possibilité à des amateurs de
travailler avec
des professionnels de divers horizons à partir de
différentes techniques. Tous les participants à
des
niveaux différents auront l’occasion de travailler
avec un
chorégraphe,une marionnettiste, un directeur de
chœur, un
spécialiste de commedia, un directeur
d’acteurs
à partir de textes , etc…
Le temps de la réalisation doit être une phase de
découverte et d’approfondissement
technique du
spectacle vivant.
Nous avons souhaité associer des artistes qui aient une
expérience et une pratique avec des amateurs, Leur pratique
est
diversifiée, elle permet donc une confrontation
d’approches pédagogiques ; pour les
participants, ils
prennent conscience que le langage théâtral est
multiple,
et les façons de faire aussi.
Les intervenants artistiques sont souvent isolés
dans leur
pratique : c’est une façon de
découvrir
comment s’y prend l’autre. Nous pensons que cela
peut
constituer une dynamique sur le plan local et faire avancer
l’encadrement des pratiques amateurs.
Par ailleurs, La Célestine est une œuvre riche,
complexe,
difficile dans la lecture dramaturgique : un collectif
d’artistes peut permettre une vision ouverte et
diversifiée.
Alors, pourquoi un directeur artistique ?
Nous n’avons pas cherché un
superman de la
production amateur, un Robert Hossein qui rassemble sur son nom une
vision mégalo, non, ce qu’il fallait,
c’est
quelqu’un qui donne du sens à tout ça
sur le plan
artistique (la direction !) et qui soit garant de la
cohérence de la démarche par rapport
à
l’engagement des participants.
Et pour l’équipe artistique, être le
référent accepté sur les choix qui
seront à
faire dans tous les domaines : scénographique,,
choix du
traitement dramaturgique, ce que l’on gardera ou
pas., Et
là l’expérience et le savoir faire est
déterminant dans la conduite de stage collectif en
vue
d’une réalisation : nous avons la chance
d’être dans une région où le
secrétariat d’Etat de La Jeunesse et des sports a
encore
un conseiller technique et pédagogique en la personne
d’Yves Doncque, il a accepté, sa direction
Régionale aussi et le Ministère a retenu notre
projet
dans ses financements.
Son implication professionnelle dans l’éducation
populaire
nous garantit que nous parlons bien le même langage.
Yves dirige par ailleurs une troupe, le théâtre du
Réel, dont les choix esthétiques et
d’engagement
nous plaisent bien.
Et voilà : nous avons complètement
confiance.
Tableau idyllique, mais dans la réalité, les choses ne doivent pas être simple ?
Non, c’est vrai. Ce qui nous manque le plus
c’est le
temps ! et pourtant, plus
d’an nécessaire
à la maturation et dire que nous avions envisagé
dans un
premier temps de tout boucler à
l’été
2008 !
Mais nous n’avons pas les moyens de dire à nos
intervenants : pendant un mois vous travaillez sur le
scénario, et hop ! De toute façon, il
faut faire
avec ce que nous sommes et à notre rythme :
c’est un
principe de base, bâtir avec nous ! Nous ne sommes
pas du
tout dans une logique de casting (même amateur !),
je monte
tel spectacle, je cherche telle et telle personne, pas du tout, des
expérimentés d’autres qui le sont
moins, des
disponibles, d’autres pas du tout.
Et puis un travail collectif, c’est un travail collectif,
ça prend plus de temps, ça tiraille, il faut
trouver le
même langage, ce qui apparaît évident
pour
l’un ne l’est pas du tout pour l’autre
etc. Chacun se
réfère aussi à son
expérience, ses choix
esthétiques et tout.
Ce qui pèse aussi sur
l’équipe, c’est ne
pas décevoir les participants, mais aussi être
créatif, alors on peut avoir des tas
d’idées encore
faut-il avoir les moyens de les réaliser simplement,
à la
mesure de nos possibilités, sans misérabilisme et
puis
que ça ait de la gueule, du gingin !
Non, c’est vrai c’est pas simple du tout, mais
c’est
passionnant, c’est bien pour tout ça que nous nous
sommes
engagés !
Et puis si je vous racontais le feuilleton de la Bifurk….
Non ce sera pour un prochain journal de bord !
Déjà,
fin
2007, un début de journal, nous échangions sur
D’autres
qui
ont beaucoup donné, mais qui doivent nous quitter.
Merci Anne
Catherine.
Je remercie
aussi tous ceux qui nous ont fait confiance et qui ont soutenu
jusqu’à
maintenant notre projet, notamment les collectivités
locales, la Ville de
Grenoble, le Conseil Général, le Conseil
Régional, les services du secrétariat
d’Etat de la Jeunesse et Sports,
Localement,
nous apprécions tout particulièrement
l’appui et la collaboration du théâtre
Prémol et de la Bifurk.